Une étiquette de complément alimentaire dit presque tout, à condition de savoir où regarder. Le problème, c'est que la partie la plus visible du pot est faite pour vendre, et la partie la plus utile est écrite en petit au dos. Voici sept réflexes pour comparer deux produits en cinq minutes, et repérer ce qu'une marque a le droit d'écrire ou non.
1. Cherchez la dose par prise journalière, pas par gomme
La réglementation impose d'indiquer la quantité de chaque nutriment pour la portion quotidienne recommandée. C'est ce chiffre qui compte. Une gomme peut afficher « 15 mg » et le produit en demander quatre par jour ; une autre « 30 mg » pour deux gommes. Ramenez toujours à la journée, puis au pot : combien de jours couvre-t-il réellement ?
2. Lisez le pourcentage des apports de référence
À côté des vitamines et minéraux figure un pourcentage, souvent noté « AR » ou « VNR ». C'est la part de l'apport de référence européen couverte par la prise quotidienne. 100 % de vitamine B6, c'est 1,4 mg. 20 % de magnésium, c'est 75 mg.
Deux choses à savoir. D'abord, plus n'est pas mieux : au-delà de 100 %, on entre dans des quantités que l'organisme n'utilise pas forcément, et certaines vitamines ont des limites hautes. Ensuite, les plantes n'ont pas d'apport de référence. Si vous voyez un tiret à côté du safran, ce n'est pas un oubli, c'est la règle.
3. Regardez la forme du nutriment
« Magnésium » ne dit pas grand-chose. Oxyde, citrate, bisglycinate : ce sont des formes différentes, avec des teneurs et des tolérances digestives différentes. « Vitamine B6 » non plus : la forme la plus courante est le chlorhydrate de pyridoxine. Une étiquette sérieuse nomme la forme. Une étiquette vague la cache derrière le nom générique.
4. Pour les extraits de plantes, exigez trois informations
- La partie de la plante. Pour le safran, ce sont les stigmates, pas la fleur entière ni les pétales.
- Le ratio d'extraction, quand il s'agit d'un extrait sec. « 10:1 » signifie qu'il a fallu dix parts de plante pour une part d'extrait.
- La standardisation. C'est la garantie qu'une quantité minimale de composés caractéristiques est présente. Pour le safran, on lit par exemple « safranal ≥ 0,2 %, crocines ≥ 2 % ». Sans standardisation, deux lots du même extrait peuvent n'avoir rien en commun.
Si ces trois informations manquent, la marque ne les connaît pas ou ne veut pas les donner. Dans les deux cas, ce n'est pas bon signe.
5. Lisez les « autres ingrédients » jusqu'au bout
La liste complète est classée par ordre décroissant de poids, comme sur n'importe quel aliment. Pour une gomme, le premier ingrédient est souvent un agent de charge ou un sucre. Ce n'est pas un scandale, une gomme a besoin d'une texture. Mais « sans sucre ajouté » et « zéro sucre » ne veulent pas dire la même chose, et la mention de gélatine indique une origine animale. Tout est là, écrit en petit.
6. Sachez ce qu'une marque a le droit d'écrire
En Europe, un complément alimentaire ne peut porter que des allégations de santé autorisées, formulées presque mot pour mot d'après une liste officielle. Par exemple : « la vitamine B6 contribue à réguler l'activité hormonale », ou « le magnésium contribue à une fonction musculaire normale ».
Tout ce qui sort de cette liste est, au mieux, du marketing. « Cliniquement prouvé », « efficace en 7 jours », « soulage », « apaise » : aucune de ces formules n'est autorisée pour un complément alimentaire, et une marque qui les emploie s'expose. Beaucoup de plantes, dont le safran, n'ont aujourd'hui aucune allégation autorisée. Une marque honnête le dit plutôt que de contourner.
7. Distinguez « sans » et « non détecté »
Une absence ne se prouve pas. Un laboratoire mesure, avec une limite de détection, et conclut « non détecté ». C'est la formulation exacte. « Sans métaux lourds » est une promesse qu'aucune analyse ne peut tenir. Cherchez plutôt si les résultats d'analyse par lot sont consultables, et par qui ils ont été réalisés.
Ce que ça donne sur nos pots
Le tableau de formule de nüma SPM applique ces sept règles : dose pour deux gommes, pourcentage des apports de référence quand il existe, forme de chaque nutriment, partie, ratio et standardisation des extraits, liste complète des autres ingrédients, allégations reprises telles quelles, analyses par lot avec la mention « non détecté ». Vous pouvez le comparer à n'importe quelle autre étiquette avec la même grille. C'est le but.
Références utiles : règlement (CE) n° 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé ; règlement (UE) n° 1169/2011 sur l'information des consommateurs ; fiches de la DGCCRF sur les compléments alimentaires.